Il y a des trahisons qui font mal. Et d’autres qui, sans le savoir, te sauvent la vie.
En 2025, j’étais manageuse d’un tattoo shop. J’avais la responsabilité de l’équipe, la gestion quotidienne, les clients, les fournisseurs, les plannings… J’y mettais toute mon énergie. J’avais recruté et formé une perceuse et une autre tatoueuse. Je leur faisais confiance. Je les considérais presque comme des amies.
Jusqu’au jour où j’ai découvert qu’elles faisaient des messes basses dans mon dos depuis plusieurs semaines. Dans mon dos, elles préparaient leur propre shop. Elles ont tout organisé en secret : le local, les clients qu’elles détournaient, les réseaux… Elles sont parties en me laissant le chaos, les explications à donner aux clients, et une énorme sensation de trahison.
Ce jour-là, quelque chose s’est brisé en moi.
Je n’étais plus juste épuisée. J’étais blessée, en colère, et surtout… terriblement seule dans ce rôle que je portais à bout de bras. Le tattoo shop que j’essayais de faire tourner proprement était en train de me détruire. Et les personnes que j’avais aidées étaient celles qui m’avaient planté un couteau dans le dos.
C’est dans ce contexte explosif que Lillieum est née.
Le déclic : j’avais besoin de rire pour ne pas craquer
Après cette trahison, je rentrais chez moi vidée. Plus d’énergie, plus de joie. Un soir, en scrollant TikTok pour essayer d’oublier un peu, je suis tombée sur des VTubers. Des gens qui rigolaient, qui étaient bêtes, qui exprimaient librement leurs émotions.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai ri. Vraiment ri.
Et j’ai eu cette pensée : « Et si je faisais ça ? Juste pour moi. Juste pour respirer. »
Fin octobre 2025, sans rien dire à personne, j’ai fait ma première vidéo. Avec un filtre VTuber gratuit, mon téléphone, et une voix encore pleine de fatigue. Je ne parlais pas encore de la trahison (c’était trop frais), mais je parlais de mon quotidien, de la pression, des clients difficiles, et surtout… je me moquais de tout ça.
Les gens ont ressenti l’authenticité. Les commentaires sont arrivés : « On sent que t’es vraie », « Tu racontes ce qu’on vit tous », « Continue, tu nous fais du bien ».
Ce petit espace que je m’étais créé est rapidement devenu mon refuge.
Du TikTok chaotique aux premiers lives Twitch
J’ai continué à poster presque tous les jours, souvent tard le soir. Je décompressais devant la caméra. Je racontais mes galères sans filtre. Et plus je le faisais, plus ça grandissait.
Quelques semaines plus tard, j’ai osé passer aux lives Twitch. J’étais morte de peur. Mais j’avais besoin de plus que des vidéos courtes. J’avais besoin de vrai contact.
On était 19 pour mon premier live. Mais ces personnes sont revenues. Elles ont commencé à discuter entre elles. C’est là que j’ai compris que je n’étais plus seule.
En octobre 2025, j’ai créé le Discord, qui est rapidement devenu l’Empire. Un endroit où on pouvait être soi-même, rire, se plaindre, partager ses passions sans jugement. J’ai mis en place des règles claires dès le début : respect mutuel, zéro tolérance pour la trahison et le drama gratuit. Parce que je savais exactement ce que ça faisait de se faire poignarder dans le dos.
